Si l'on part du principe que le réchauffement climatique est la raison pour laquelle on doit réduire nos émissions, alors on se trompe !
La conférence de Copenhague a en partie viré au cauchemar suite à l'enjeu climatique : les pays développés demandant aux pays émergeants de moins polluer pour ne pas aggraver le réchauffement climatique. La Chine et les pays en développement ont logiquement répondu que l'Occident ne peut pas leur demander ce qu'il n'a pas fait. C'est pour cette raison que je pense que
le réchauffement climatique ne peut pas être la raison première de nos diminutions d'émissions : on part du mauvais pied !
On se base sur le constat écologique pour convaincre les pollueurs d'aujourd'hui de moins polluer. Par pollueurs j'entends aussi bien parler des grandes multinationales que du quidam moyen.
Si on demande à quelqu'un qui n'a pas envie de faire d'effort - en matière de réduction d'émissions de CO2 par exemple - de moins "polluer" parce que cela contribue au réchauffement climatique : soit il répondra que le climat change et qu'il ne pense que l'homme y soit pour une grande part, soit (un industriel chinois par exemple) qu'il ne comprend pas qu'on lui demande à lui alors que les autres ne font rien ou presque, et que ce n'est pas sa faute.
On peut se moquer du réchauffement climatique, mais on comprend bien qu'un air saturé de pollution est néfaste pour nous-mêmes
Bref, on va droit dans le mur en réfléchissant de cette manière, cela ne fera qu'exacerber les parties du pour ou contre la mise en cause des activités humaines dans le réchauffement climatique.
Alors qu'en se basant sur le constat écologique et sanitaire - rivière, mer, air pollués - là on pourra avoir un résultat. On peut se moquer du réchauffement climatique, mais on comprend bien qu'un air saturé de pollution est néfaste pour nous-mêmes.
Il faut impérativement mettre en avant la nécessité sanitaire pour l'homme et la nature de réduire nos émissions de gaz à effet de serre mais aussi nos déchets, nos rejets dans les rivières et la mer, etc...
Pour résumé, l'enjeu écologique ne doit pas être divisé en mettant d'un côté les gaz à effet de serre et de l'autre le reste des nos rejets et émissions néfastes pour l'environnement et donc pour l'humain.
Évidemment les conséquences du réchauffement climatique sont un enjeu important : déplacement de populations suite aux terrains envahis par la montée des eaux donc possibilité de conflits, etc.
Mais mettre en avant ce risque lié au réchauffement climatique par rapport au reste de nos gestes écologiques est une dissociation qui ne devrait pas être. Je ne pose pas ici la question de la culpabilité des activités humaines dans le réchauffement du climat, car même si les études publiées tendent à prouver notre implication, il y aura toujours des gens qui pensent que nous n'en sommes pas responsables et qui se diront donc que baisser drastiquement nos émissions n'est pas primordial.
Pour finir ce billet d'humeur, je concluerai en disant que l'écologie doit être prise en compte dans sa globalité, pas sur des points discutables qui, même s'ils ont toute leur importance, ne doivent pas prendre le pas sur l'intérêt commun : réduire nos émissions polluantes pour nous-mêmes, nous humains, pas pour le climat. Évidemment à la fin cela revient au même car l'un entraine l'autre, mais d'un côté on se heurte à une farouche résistance quand de l'autre tout le monde comprend la nécessité sanitaire et écologique.